OPPORTUNITES D'INVESTISSEMENT
I- CONTEXTE ET JUSTIFICATION ECONOMIQUE
Le Cameroun de par sa position géographique est un carrefour tant au sein de la sous-région Afrique Centrale que dans le Golfe de Guinée. Il est donc économiquement intéressant d'investir au Cameroun dans la mesure où on a la possibilité d'écouler sa production dans les pays voisins.
En terme de demande, les 6 pays de la Communauté Economique et Monétaire d'Afrique Centrale (CEMAC) ont par exemple une population qui avoisine 30 à 35 millions d'habitants.
La CEEAC (la Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale), qui est une zone de libre échange consolidée, compte quant à elle environ 105 millions d'habitants.
Bien plus, le Cameroun vient de signer le 15 janvier 2009, l'Accord de Partenariat Economique (APE) paraphé le 17 décembre 2007 avec l'Union Européenne. La conséquence immédiate de cet Accord est que le marché des 27 pays européens est complètement ouvert aux entreprises installées au Cameroun qui peuvent librement exporter sans quotas et sans droits de douane sur le marché européen. Il suffit de respecter les mesures liées aux questions de qualité (mesures sanitaires et phytosanitaires en l'occurrence et des conditions d'exportations exigées par le marché européen) (obstacles techniques au Commerce).
II- QUELQUES EXEMPLES DE PROJETS D'INVESTISSEMENT DANS L'AGRO - ALIMENTAIRE
1- La production et l'exportation des fleurs coupées
La fleur coupée est devenue un vecteur de prospérité et de puissance économique dans certains pays comme la Hollande ou le Kenya. L'exportation des fleurs coupées est une véritable manne financière, qui fait vivre des millions de personnes et rapporte des dizaines de milliards de dollars.
La fleur est devenue aujourd'hui le symbole inattendu de la mondialisation de l'économie puisqu'on estime aujourd'hui qu'une fleur coupée peut parcourir plus de 3000 KM avant de venir garnir les vitrines des fleuristes.
Les Pays Bas restent le premier Producteur des fleurs au monde, mais la concurrence des pays du sud se renforce depuis les années 90, avec en tête la Colombie, le Kenya et le Zimbabwe.
En 2003, 43% des roses européennes venaient du Kenya, 19% de l'Equateur 16% venaient du Zimbabwe 91% des orchidées venaient de Thaïlande , 71% de glaïeuls étaient importés de Colombie.
Le Cameroun, pays à l'écosystème varié et divers, rassemble tous les éléments nécessaires à la culture floricole.
Le marché de la fleur peut être extrêmement rentable pour le producteur qui s'installe au Cameroun.
Au Zimbabwe par exemple, un kilogramme de rose (20 roses environ) produit et acheté à 2.300 FCFA par les grossistes hollandais est revendu en moyenne à 13.300 FCFA sur le marché européen.
Les exportations des fleurs orientales du Cameroun ont neuf destinations principales, dont la France (98%), la Belgique, les Pays Bas, la Suisse, la Grande Bretagne, etc.
Les exportations camerounaises pour les dernières années se présentent de la manière suivante si on se réfère aux statistiques de la douane :
- 237,74 tonnes en 2004 ;
- 686,84 tonnes en 2005 ;
- 434,90 tonnes en 2006 ;
- 623,3 tonnes en 2007.
Le producteur camerounais aura pour principal marché l'UE, dont le plus grand importateur est l'Allemagne.
2-La production et l'exportation d'ananas
L'ananas est une autre spéculation qui peut intéresser l'investisseur qui veut investir dans l'agro-alimentaire. Il peut être produit et exporté frais ou transformé localement avant d'être exporté
L'exportation des fruits a pour avantage qu'elle peut utiliser la logistique de l'industrie bananière qui affrète régulièrement des bateaux à partir du Cameroun pour le transport de la banane vers l'Europe.
3-La transformation des produits agricoles.
- Le Cacao.
Le cacao Camerounais dont la production s'améliore considérablement ces dernières années, représente près de 30% des exportations directes non pétrolières et génère plus de 100 milliards de FCFA de revenus annuels à plus de 600.000 producteurs au Cameroun. Son ascension est d'une telle fulgurance que Dominique Baillard pour Rfi dans la Chronique des matières première édition du 26 janvier 2009, l'a décrit en ces termes :
« Rouge cacao, une culture d'avenir au Cameroun
1 100 F CFA le kilo de cacao, voire 1 200 F, c'est le prix payé au Cameroun pour les fèves rendues à l'usine. Un prix exceptionnellement élevé. Jamais la conjonction n'a été aussi propice aux Camerounais.
Leur production augmente au moment où celle des principaux producteurs diminue.
Chaque fois qu'une information confirme la baisse de la récolte ghanéenne ou ivoirienne, cela fait grimper les cours. C'est ce qui s'est passé mi-janvier 2009, d'où le nouveau bond enregistré vendredi à Londres. Les cours ont dépassé la barre des 2 000 livres la tonne, un sommet datant de 1983. Les planteurs camerounais qui ont encore des fèves en magasin finissent la saison en beauté. De l'ordre de 180 000 tonnes en 2007, la production est sans doute supérieure à 200 000 tonnes, en 2009.
Depuis 2004, l'extension des vergers est sensible. Tandis que les Ivoiriens se détournent du cacao pour faire de l'hévéa, les Camerounais se sont entichés de cette culture qui demande moins de travail que le café et dont les cours sur le marché mondial sont plus motivants. Dans la province anglophone du sud-ouest, affluent de jeunes ambitieux en provenance du nord-ouest pour développer cette culture. Des Nigérians voisins ont traversé la frontière pour faire de même.
Le cacao camerounais apprécié des pâtissiers et des chocolatiers pour sa couleur rouge est ici perçu comme une culture d'avenir, susceptible de capter des parts du marché asiatique. Depuis 2006-2007, une bonne partie de la récolte est vendue en Malaisie, en Indonésie et en Chine.»
Cf. RFI Chronique des Matières Premières du 26/01/2009, Dominique Baillard.
De plus, il ressort d'un récent sondage que l'Arrondissement de Mbangassina est le Premier producteur de cacao au Cameroun.
Il y a aussi le coton, dont la production annuelle est estimée à 111 000 tonnes et qui n'est transformée qu'à hauteur de 4%.
4-La construction des hôtels
Le Cameroun présente de vastes potentialités touristiques en matière de tourisme. Mais il n'existe pas suffisamment des infrastructures en matière d'accueil des touristes, que ce soit dans les grandes villes que sont Douala, Yaoundé, Bafoussam ou des villes qui abritent des sites touristiques tel que Kribi, Foumban, etc. L'on peut donc investir dans ce domaine.
Peuvent être exportées toutes les marchandises d'origine camerounaise ou non. Les produits de crus, sol et sous-sol du Cameroun (hévéa, cacao, café, banane, coton ...) ne supportent aucun droit de sortie. Les droits de sortie pour les autres produits s'élèvent à 2% de la valeur FOB de ces marchandises. L'importation est libéralisée, la seule chose à faire est la domiciliation dans un compte bancaire du fruit de l'exportation.
Les marchandises destinées à l'exportation sont conduites à un Bureau de Douane ou dans les lieux désignés par le Service des Douanes ; sur les frontières terrestres, il est interdit aux transporteurs de prendre tout chemin tendant à contourner ou à éviter les Bureaux de Douane ; à l'exportation, la valeur en douane est celle de la marchandise au point de sortie, déclarée à la date d'enregistrement de la déclaration du Bureau de douane, ajustée, le cas échéant, des frais de transport du point de départ jusqu'à la frontière. Sont exclus de cette valeur les droits de sortie ; les taxes intérieures et charges similaires dont il a été donné décharge à l'exportation ; les droits de douanes acquittés à l'entrée du territoire communautaire.